Samedi 8 mars 2008

A Scipion

Tu es là, près de moi  et nous nous regardons
Tu ne dois pas savoir qu'il te faudra partir
Ma main tout doucement se pose sur ton front
Je veux rester sereine, mais mon coeur se déchire

Si pour l'homme de science ton âge est un record,
Quatorze ans m'a-t-il dit, avec ménagement,
C'est une longue vie pour un berger allemand
Je n'ose imaginer la vie quittant ton corps

Petite boule de poils lorsque je t'ai connu
Je n'eus d'yeux que pour toi et je t'ai emmené,
Me souvenant celui que je n'avais pas eu
Car au dernier instant, il me fut refusé.

De ce serment bafoué, tu porterais le nom,
Celui dejà choisi pour mon bonheur trahi
Je te serrais trés fort et t'appela "Scipion"
Et sus à ce moment que j'avais un ami.

Et puis tu pris la place, de l'enfant jamais eu
M'aidant à surmonter le vide de ma vie
Te serrant  près de moi  dès que j'étais perdue
Devinant ma tristresse comme l'eut fait un ami.

Et nos vies se mélèrent au rythme des saisons
De penser à ces jours, mon coeur bat la chamade
Tu guettais mon retour, le soir à la maison
Pour ces instants magiques qu'étaient nos promenades.

Que d'amour pour une bête, pensaient lesbraves gens,
Mais je me moquais bien que l'on me dévisage
Eux ne sauront jamais ce que fut ce présent
Les vacances avec toi, à courir sur la plage.

Tous ces jours merveilleux, partagés toi et moi,
Ne me lassant jamais de te regarder jouer
Riant de ta souplesse, de ton agilité
Ton bonheur éclatant me remplissait de joie.

Et les années passèrent, sans que nous nous quittions
Jamais je n'aurais cru avoir tout ce bonheur
Tu fus mon réconfort, mon tendre compagnon
Celui veillant sur moi avec tant de chaleur.

A l'âge de douze ans, le verdict est tombé
La maladie typique touchant ceux de ta race
Tous les soins prodigués et tout l'amour donné,
En ces durs instants nous aident à faire face.

Si tu es resté jeune, malgré les apparences
Tu aimerais courir derrière les chats qui passent,
Gambader avec moi, avoir encore cette chance,
Mais ton corps ne suit plus, de peur mon coeur se glace.

Les épreuves personnelles m'ont bien découragées
Et depuis deux mille un, je ne vis que par toi
Quand tu souffriras trop, je devrais décider
De te laisser partir, de m'éloigner de toi.

La force m'abandonne de lutter et de vivre
Je t'accompagnerai jusqu'au bout de tes jours
Je songe à cet instant, de chagrin je suis ivre,
Où tu devras partir, Mon Scipion, mon amour.

Je redoute la mort, pas pour moi, mais pour toi.
Nous nous sommes donnés tout le bonheur du monde.
La force de te survivre, s'éloigne loin de moi,
En pensant à l'instant de ta dernière ronde.

Nous sommes là, tous les deux, serrés l'un contre l'autre,
Tu es mon compagnon, mon unique devenir.
Je voudrais te garder, pouvoir te retenir
Nous retenons nos souffles, suspendus l'un à l'autre.

Ton amie, Ta maîtresse.

SCIPION2.jpg


Merci à Annick M. pour la mise en forme

Ce poème a été écrit en novembre 2003.
Le 8 juin 2004 à 8 heures du soir, la vie s'est arrêtée ....
par Pourquoi pas
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